Le blues de l'étranger (si quelqu'un veut s'y coller pour la version longue)

De Alexandre Legrand le 09/07/2016 (2 visites depuis 7 jours)

Voici la version longue, (la version courte est mise en musique ici)
https://soundcloud.com/faab-eloerc/le-blues-de-letranger-original

C’est vrai qu’il était tard, qu’il faisait vraiment noir,
Mais sur un coup d’cafard, je pris l’chemin du bar,
Cherchant dare-dare l’coin des soudards
Pour m’noyer dans l’marc aux canards.

Se noyer dans le marc aux canards, quel chichi !
Du sucre de canne pour faire oublier à bibi
Le sobriquet de p’tit maki
Qui colle à ma peau de maudit.

A ma peau de maudit elle se colla sans fard.
Sortie de nulle part elle vint, pétard !
Riper sur mes nippes de César
En lançant un théâtral bonsoir.

Elle cherchait sûrement un voyage exotique
En me demandant de lui offrir un gin tonic.
Et dans les vapeurs éthyliques
Soudain ! Des images érotiques.

Mes tempes battaient au rythme de ces tam-tams
Et dans la panique, je donnais du madame !
En croisant son regard de flammes
M’ouvrant les portes sans sésame.

D’un ton désabusé elle m’confessait ses déboires
Avec un oiseau noir en me donnant à voir
Un delta sous les feux avares
Des loupiottes de comptoir.

Quelque peu éméché par mes rations cassonade
J’osais lui proposer une petite ballade
Avant les crues d’ses mirettes de jade
Et pour ne pas rester en rade.

Moi c’est Betty lança-t-elle en se levant
Je n’ai pas livré mon pédigrée sur le champ
Pensant avoir largement l’temps.
Je n’avais pas compté l’absent.

Sous une porte cochère il poireautait, son mec
Je l’entendis cracher un, casse-toi l’métèque !
Montra un feu me clouant l’bec
Je partis sur un échec.

Depuis j’traîne mon blues en cherchant au fond des verres
Cet, il était une fois une rencontre éphémère
Pour entendre la voix familière
De Betty, mon étrangère.