Chanson d'adieux pour Johnny
Refrain
J’ai vécu tant de nuits, croisé tant de visages,
Caressé tant de corps, que je me sens vieilli.
Je laisse mes chansons, comme des fleurs cueillies
Tout au long d’une vie. Faites-en bon usage !
Refrain
J’ai vécu tant de nuits, croisé tant de visages,
Caressé tant de corps, que je me sens vieilli.
Je laisse mes chansons, comme des fleurs cueillies
Tout au long d’une vie. Faites-en bon usage !
Une femme, un regard, nos cœurs se sont touchés.
Uni à tous jamais, cousin qui aurais pus y pence.
On quitte son pays, sa contrée de misère,
Le Minas, le Sertaõn, un futur odieux,
Qui n’a jamais connu croira que j’exagère,
Parfois femme et enfants, des jeunes et des vieux,
Pour gagner, plein d’espoir, une terre étrangère.
On voyait qu’il avait servi dans la marine,
Ridé et peau tannée, comme un vieux parchemin,
De grands yeux noirs de jais et de grosses narines,
Oreilles en chou-fleur, comme quand les gamins
Jouent aux grimaces en les pliant de leurs mains.
D’abord, par le hublot, l’immense étendue verte,
A perte d’horizon, avant de nous poser,
Puis cette chaleur moite, la porte à peine ouverte,
Qui vous saute au visage, Ã vous indisposer.
C’était mon premier jour d’années de découvertes.
Si j’ai assez de temps, je vous ferai trembler,
A gros frissons, Ã chair de poule, par surprise,
En décrivant la guerre, les obus qui irisent
Dans le bruit et les cris. A l’abri des remblais,
Des poilus mutilés, en sang, qui agonisent
J’avais beau écrire « je t’aime »,
Elle prenait peu au sérieux
Ce que je disais en poëme.
Je trouvais cela injurieux.
Afin de briser l’anathème,