Mon premier cadavre exquis
Je rêvais d’un amour, lisse comme un silex,
Qui peuplerait mes nuits avec des pluies d’étoiles
Tombées de la grande ourse en accents circonflexes,
Et qui envahirait mon corps jusqu’à la moelle.
Elle était dans mon lit, toute nue, sans complexe.
Les chercheurs d'or
On quitte son pays, sa contrée de misère,
Le Minas, le Sertaõn, un futur odieux,
Qui n’a jamais connu croira que j’exagère,
Parfois femme et enfants, des jeunes et des vieux,
Pour gagner, plein d’espoir, une terre étrangère.
J'ai navigué longtemps sur de lourdes pirogues
D’abord, par le hublot, l’immense étendue verte,
A perte d’horizon, avant de nous poser,
Puis cette chaleur moite, la porte à peine ouverte,
Qui vous saute au visage, Ã vous indisposer.
C’était mon premier jour d’années de découvertes.
Dire les choses simplement
Trouver les mots quand c’est fini,
Après bien des années ensemble,
Où, tous deux, nous allions l’amble,
Engendre un émoi infini.
Je récitais "le bateau ivre"
Quand j’allais, tous les jours, voir ma mère malade,
A la Conception, dans le hall, je lisais
Que RIMBAUD y mourut, au bout de ses balades.
Un marbre sur un mur, gris, l’immortalisait.
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