Ce soir, j’ai tiré sur un fil
De la pelote de ma vie
J’ai vu venir, figures de style
Les jours, les nuits, de trop d’envies
J’ai vu d’abord quelques brouillons
Quand tu survis en avatar
Les yeux perdus sur les écrans
Dans ton brouillard, comme un têtard
Où tu te bas comme un géant
À trente-six ans, petit garçon
Je suis perdu en amère zone
Où évolue une drôle de faune
D’un jour à l’autre, c’est la faillite
De mes deux lèvres déconfites
Maintenant elles sont froides et bleues
J’ai sur mes lèvres, un goût de sel
Ta peau luisante, qui brille au ciel
Je me délecte, là sur ta nuque
Comme la mer, de tous ses sucs
Je croque aussi tes petits seins
On a tous quelque chose à dire
Un roman ou bien un sourire
On a tous des mots dans la tête
Dans le calme et même à la fête
On a tous des paroles volées