mon frère
je t'ai trop souvent regardé pleurer
sans ne jamais penser
que tu pourrais nous quitter
mon frère
je t'ai trop souvent regardé pleurer
sans ne jamais penser
que tu pourrais nous quitter
mon frère
Acadienne regarde la mer
D’Halifax de ses chimères
Voit l’éléphant sur l’enveloppe
Et rêve de Birago Diop
Nous sommeillons dans le confort
D’une longue vie sans histoires,
Quand arrive, rédhibitoire ,
Une fin brusque pour la clore.
Nous ne sommes que de passage,
Plutôt que de dire « Je t’aime »,
Même ces mots peuvent lasser,
Chaque jour, pour les remplacer,
Je vais lui offrir un poème.
Je veux écrire une chanson
Pleine d’amour et d’allégresse,
Dans ce monde qui nous agresse,
Une fraicheur, une caresse,
Comme un rire de nourrisson,
On voyait qu’il avait servi dans la marine,
Ridé et peau tannée, comme un vieux parchemin,
De grands yeux noirs de jais et de grosses narines,
Oreilles en chou-fleur, comme quand les gamins
Jouent aux grimaces en les pliant de leurs mains.
Quand j’allais, tous les jours, voir ma mère malade,
A la Conception, dans le hall, je lisais
Que RIMBAUD y mourut, au bout de ses balades.
Un marbre sur un mur, gris, l’immortalisait.
Ce matin, au réveil, j’étais pris de nausées.
Dans mon demi-sommeil, ma muse ou un esprit,
Me sentant affaibli, lâchement, me surprit,
Envahissant, sans bruit, ma pensée reposée.
Mes mots sont des jeunots
Qui m’torturent sans malice.
Ils ignorent, ces novices,
Qu’ils me mettent au supplice,
Pour une seule rime en O.